26 octobre 2023 | Un siège vide peut-il sauver la démocratie ?

Malines, Jeudi 26 octobre 2023. Si l’on en croit l’étude publiée récemment par KnackLe Vif, 56% des Belges ne se sentent pas représentés par notre gouvernement. Coïncidence ou corrélation : exactement le même pourcentage estime notre démocratie en danger. D’où provient ce sentiment et comment y remédier ? Un nouveau parti, créé par des citoyens, propose de redistribuer les cartes en permettant à ceux à qui aucun parti ne convient d’être effectivement représentés par des sièges vides.

Une démocratie pas si représentative

À l’issue des dernières élections fédérales, 1 Belge sur 5 n’était pas représenté dans la distribution des sièges à la Chambre. En effet, en cumulant les votes blancs et nuls, les abstentions et les votes pour des formations trop petites pour obtenir un siège, ce sont 20,4% des citoyens qui ont de facto offert leur voix (et les sièges qui y sont liés) au 79,6% restants.
Si leur intention est de faire confiance à la majorité, alors le but est atteint. Mais pour ceux qui veulent faire entendre leur désaccord avec la politique menée, cette façon de faire est contre-productive. Elle vient en effet renforcer l’ensemble des partis élus, en leur offrant plus de sièges que ce qu’ils n’en ont gagné en réalité, alors qu’ils n’ont pas su convaincre ces électeurs.

Un siège non-attribué, ça change quoi ?

Un vote au fédéral vaut 4,93 euros. Si vous ne votez pas, votez blanc ou nul, cet argent n’ira pas renflouer les caisses des partis. Par contre, un député repris dans un groupe parlementaire rapporte chaque année 65.500 euros de subsides à son parti. Sachant que les sièges sont toujours redistribués à 100%, les votes blancs et nuls contribuent donc à financer les partis, au même titre que l’absentéisme électoral et les votes en faveur de partis n’ayant pas atteint le seuil électoral.

Sauf si on change les règles, en proposant une nouvelle option sur le bulletin de vote : le siège non-attribué. En effet, l’existence au sein du parlement d’un siège non-attribué permettrait une représentation de toutes les voix des citoyens, y compris celles de ceux qui n’ont pas été convaincus.

En outre, la possibilité d’une répartition comprenant des sièges non-attribués aurait pour conséquence directe une distribution des subsides aux partis élus qui serait plus juste et plus proche de la réalité : ceux-ci recevraient leurs dotations en fonction des voix réellement gagnées. L’effet d’une telle mesure non seulement renforcera la nature même de la démocratie mais sera également bénéfique pour le citoyen car elle incitera les partis, en réduisant d’autant leurs subsides, à s’interroger sur la meilleure façon de convaincre cet électorat déçu. Cette alternative, toujours d’après l’étude du Vif/Knack, est souhaitée par la moitié des Belges.

C’est l’ambition du parti Blanco, qui est occupé à constituer des listes dans chacune des 11 circonscriptions électorales. L’unique point de leur programme est de faire représenter les votes de défiance par des sièges non-attribués à la Chambre. C’est aussi le seul parti qui a vocation à se dissoudre dès son objectif atteint. En attendant, ses candidats s’engagent à être présents à chaque session et à travailler d’arrache-pied à la modification de la Constitution, ainsi qu’à s’abstenir sur tous les autres sujets et à ne former aucune coalition.

Une façon détournée d’atteindre le même résultat dès la première année.

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Posté le

avril 5, 2024